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La Fondation MMA des Entrepreneurs du Futur s'engage depuis 2024 aux côtés d'Initiative Ile-de-France pour soutenir l'entrepreneuriat de demain. Céline Berthaud, responsable partenariats et mécénat, revient sur le partenariat initié dans le cadre du programme d'accompagnement et du concours Créatrices d'Avenir, et partage la vision de la Fondation MMA sur des enjeux majeurs tels que la santé du dirigeant, l'impact et la durabilité des entreprises.



Quel est le sens du partenariat entre la Fondation MMA des Entrepreneurs du Futur et le réseau Initiative Ile-de-France ?

Céline Berthaud :
Ce partenariat s’articule autour du programme d'accompagnement et du concours « Créatrices d’Avenir » qui a une signification qui va bien au-delà d'un soutien institutionnel classique. Il traduit une conviction partagée : les femmes qui entreprennent portent quelque chose d'essentiel pour notre société, et elles méritent qu'on leur donne les moyens d'aller au bout de ce qu'elles ont commencé.

Le concours Créatrices d'Avenir, c'est exactement ça. C'est un espace de reconnaissance, de mise en lumière, et d'inspiration. Parce que chaque lauréate peut donner l’envie à d’autres femmes de franchir le pas. Voir une femme récompensée pour ce qu'elle construit, c'est un signal concret que oui, c'est possible, et que l'écosystème est là pour les soutenir.

La Fondation MMA est engagée sur l'enjeu du bien-être des entrepreneurs. Nous savons que les femmes dirigeantes portent des charges souvent invisibles, professionnelles, personnelles, sociales. S'associer à Initiative Ile-de-France, c'est aussi reconnaître cette réalité et y répondre par des actes.

Concrètement, comment allez-vous travailler avec le réseau Initiative Ile-de-France cette année ?
Céline Berthaud : Nous avons voulu un engagement qui soit présent à chaque étape de Créatrices d'Avenir, pas seulement lors de la cérémonie de remise des prix régionale.

Nous siégeons au comité de pilotage, nous participons aux jurys départementaux et régional, ce qui signifie que nous rencontrons les candidates, nous entendons leurs projets, nous mesurons ce qu'elles ont construit. Ce contact direct est précieux. Il nourrit notre propre compréhension de ce que vivent les femmes entrepreneures sur le terrain en Ile-de-France.

Nous avons déjà accueilli également un atelier du Club Créatrices d'Avenir, au cours duquel un expert coache les participantes sur la prise de parole et sur tout ce qui permet à une dirigeante de faire rayonner son projet autant qu’il le mérite.

Nous remettons enfin un prix thématique à la cérémonie de clôture (sur la mixité des métiers, l'engagement sociétal, l'impact territorial, l'innovation, l'artisanat ou encore la Pépite des quartiers). Nous offrons à l'une de ces lauréates, un accompagnement d’une année en communication sur les réseaux et à travers les supports de la Fondation. Parce qu'une entreprise peut être excellente et rester dans l'ombre, nous l’aidons à structurer sa visibilité.

Comment voyez-vous le développement de l’entrepreneuriat en 2026 ?
Céline Berthaud : En 2026, je vois un entrepreneuriat plus ouvert, plus divers, toujours très vivant, mais plus exigeant. La France continue d’enregistrer un niveau record de créations d’entreprises, ce qui montre que l’envie d’entreprendre reste forte.

Ce qui change surtout, c’est le profil des entrepreneurs. Comme le montre la dernière enquête GEM France, on est loin du seul modèle de la start-up et de l’hypercroissance. Aujourd’hui, l’entrepreneuriat est plus ancré dans le réel, souvent local, et parfois porté par une logique de sécurisation : près d’un entrepreneur sur deux crée d’abord pour gagner sa vie.

Et surtout, l’élément clé, c’est la montée des femmes. Leur taux d’activité entrepreneuriale progresse fortement, passant de 7,4% à 10% en un an. Elles contribuent clairement à redessiner le paysage entrepreneurial, avec des entreprises souvent plus résilientes et ancrées dans les territoires.

Reste un enjeu majeur : transformer cet élan en réussite durable, notamment pour les femmes qui restent encore moins financées et accompagnées. L’enjeu aujourd’hui n’est plus seulement de créer. Les entrepreneurs doivent construire des modèles plus solides, s’adapter à un environnement plus complexe, intégrer l’intelligence artificielle, faire face à des enjeux croissants de financement, de cybersécurité et de transformation numérique.

La santé du dirigeant devient également un sujet central. Ce que notre baromètre publié en mai 2026 montre, c’est à la fois une vraie résilience, 88% des dirigeants se déclarent globalement en bonne santé, et une fragilité croissante, puisqu’un sur deux a déjà été confronté à une souffrance psychologique. Ce paradoxe dit beaucoup de la culture entrepreneuriale : tenir, avancer, parfois au prix du silence. En cela, les réseaux d’accompagnement comme le réseau Initiative Ile-de-France jouent un rôle clé de protection pour les dirigeants, en offrant à la fois du soutien, des repères et un espace pour reprendre du recul dans la durée. 

Comment voyez-vous l’entrepreneuriat de demain ?
Céline Berthaud : Nous assistons à la montée d’un entrepreneuriat plus contraint, avec des trajectoires plus variées et des formes hybrides, à la croisée entre salariat et autonomie.

Pour moi, l’entrepreneuriat de demain sera davantage porté par des entrepreneurs de terrain, ancrés dans les territoires, avec des logiques d’utilité économique, sociale et environnementale. Un entrepreneuriat qui ne cherche plus seulement la croissance, mais qui s’inscrit dans des dynamiques de coopération, d’impact et de durabilité.

L’entrepreneur du futur ne dissociera plus la réussite économique de sa santé, du lien aux autres et de la capacité à avancer ensemble. Il sera plus fort s’il s’appuie sur des écosystèmes de confiance, sur des réseaux, sur du partage d’expérience.

Enfin, dans ce mouvement amorcé, un enjeu clé est celui des femmes. Elles sont de plus en plus nombreuses à entreprendre et contribuent pleinement à cette transformation, avec des projets souvent ancrés dans le réel et tournés vers l’impact. Mais il reste un angle mort majeur : la reprise d’entreprise. Aujourd’hui, elles ne représentent qu’une part très minoritaire des repreneurs - à peine 5% - alors même qu’elles sont déjà très présentes dans la création.

C’est un sujet économique majeur : la transmission des PME est l’un des principaux moteurs de renouvellement du tissu économique. Tant que les femmes resteront à l’écart de cette dynamique, on passera à côté d’un levier décisif de croissance et d’inclusion.

Il faut continuer à faire évoluer les regards, à lever les freins, à créer les bonnes conditions d’accompagnement pour que chacun puisse trouver sa place et développer son projet avec confiance.