Partager :
Partenaire historique, la Région Île-de-France s'engage aux côtés d'Initiative Ile-de-France et de ses associations locales pour fournir un appui de proximité aux porteurs de projet et dirigeants d'entreprise franciliens. Alexandra Dublanche, vice-présidente chargée de la relance, du développement économique de l’attractivité et de l’innovation, partage son analyse sur l'entrepreneuriat francilien et les ambitions portées par la Région en partenariat avec le réseau Initiative Ile-de-France.



Quels sont, selon vous, les grands enjeux de l’entrepreneuriat en Île-de-France aujourd’hui ?

Alexandra Dublanche : 
L’Île-de-France est une terre d’entrepreneurs. Chaque année, des milliers de Franciliens se lancent dans l’aventure entrepreneuriale. Notre rôle, à la Région, est de leur permettre de transformer cette envie en projet solide, puis en entreprise durable.

Le premier enjeu, c’est l’accompagnement. Créer une entreprise, c’est un parcours exigeant : il faut structurer son projet, trouver des financements, développer son activité. Notre priorité, à la Région, c’est de leur fournir un appui de proximité, avec près de 200 implantations locales de partenaires partout en Île-de-France. L’objectif : que chaque porteur de projet puisse trouver, près de chez lui, un interlocuteur pour l’aider à avancer.

Le deuxième enjeu, c’est l’entrepreneuriat pour tous. Il doit être ouvert à tous les talents. Trop de publics restent sous-représentés : les femmes, les jeunes, les personnes en situation de handicap, les personnes originaires de QPV, ou les demandeurs d’emploi. Pourtant, le potentiel entrepreneurial est bien là. Il faut donc lever les freins, sécuriser les parcours et accompagner davantage celles et ceux qui en ont le plus besoin.

Enfin, le dernier enjeu, c’est la pérennité des entreprises. Créer c’est une chose, durer c’en est une autre. Et dans les territoires plus fragiles, l’accompagnement dans le temps est essentiel pour consolider les projets et favoriser un développement équilibré sur l’ensemble de l’Île-de-France.

Quels sont les principaux axes d’intervention de la Région pour soutenir l’entrepreneuriat en 2026 ?
Alexandra Dublanche : Notre action s’inscrit dans la stratégie régionale Impact 2028, qui vise à renforcer l’économie francilienne tout en la rendant plus inclusive et plus durable.

Concrètement, nous intervenons au travers d’un dispositif central : le Pass Entrepreneur#Leader en lien avec nos partenaires que la Région veille à coordonner pour proposer aux porteurs de projet un accompagnement continu : de l’élaboration du projet, à la recherche de financements, jusqu’au développement.  

Depuis son lancement en avril 2025, ce dispositif a permis d’accompagner plus de 8 000 porteurs de projet en Île-de-France.

Et notre objectif de cibler encore davantage les publics sous-représentés est atteint puisqu’ils représentent 92% des bénéficiaires. Et les femmes 56% contre 39% quand nous avons lancé le dispositif. Une belle réussite collective même s’il reste du chemin à parcourir !

Comment la Région va-t-elle travailler avec le réseau Initiative Île-de-France cette année ?
Alexandra Dublanche : Le réseau Initiative Île-de-France est un partenaire historique. Son ancrage territorial et sa connaissance des porteurs de projet en font un acteur incontournable de l’accompagnement entrepreneurial.

C’est pourquoi nous l’avons choisi comme l’un de nos partenaires et opérateurs clé pour déployer le Pass. Ce sont ses conseillers qui accompagnent les bénéficiaires, les orientent et leur proposent la bonne formule.

Nous continuerons cette année aussi à accompagner des initiatives emblématiques, comme le programme Créatrices d’Avenir, qui permet de valoriser et sécuriser les parcours entrepreneuriaux féminins.

Cette coopération repose sur une conviction : les politiques publiques sont d’autant plus efficaces qu’elles s’appuient sur des réseaux d’acteurs engagés dans les territoires.

Vous parliez du programme « Créatrices d’Avenir ». Quels sont les enjeux pour renforcer l’égalité femmes-hommes dans l’entrepreneuriat ?
Alexandra Dublanche : 
Aujourd’hui, les femmes représentent 30% des entrepreneurs en Île-de-France. Il reste donc beaucoup de chemin à parcourir pour atteindre une véritable égalité.

D’autant qu’il existe un vivier entrepreneurial féminin quasiment équivalent à celui des hommes : 82% des femmes de la population active ont envisagé à un moment ou à un autre l’entrepreneuriat contre 86% des hommes. L'écart se creuse au stade de la concrétisation : la part des cheffes d’entreprise (9%) et ex-cheffes d’entreprise (8%) dans la population active féminine est bien moindre que celle des hommes (respectivement 15% et 19%).

Dans ce contexte, mettre à disposition des femmes entrepreneures un accompagnement adapté pour réduire les désavantages structurels, devient essentiel afin de ne pas se priver « du plus grand réservoir de talents inexploités au monde » selon le collectif Sista.

Un des premiers enjeux est d’amplifier la visibilité des femmes entrepreneures afin de réduire les écarts de représentation dans l’écosystème entrepreneurial francilien et de donner envie d’entreprendre aux femmes. Aujourd’hui, seules 45,5% des femmes entrepreneures sont en mesure de citer un exemple de femme entrepreneure inspirante. C’est la raison pour laquelle la Région soutient et met en lumière les femmes entrepreneures à travers plusieurs initiatives emblématiques telles que le programme Créatrices d’Avenir, la mise en œuvre d’une stricte parité des intervenants lors des événements régionaux comme Entrepreneur Coaching Day ou encore le soutien d’initiatives dans les lycées pour agir dès le plus jeune âge. C’est ce qui nous a aussi poussé à créer un réseau régional de mentorat dédié aux femmes créatrices.

L’accès au financement demeure également l’un des principaux points de fragilité de l’entrepreneuriat féminin. Le comportement financier des femmes entrepreneures est qualifié de « prudent » et peut être interprété comme un facteur de solidité économique mais peut aussi refléter des différences d’accès au financement externe. Les chiffres sont cruels : seulement 2% des levées de fonds de plus de 50 M€ concernent des entreprises dirigées par des femmes. Un des leviers pour y remédier est la parité dans la gouvernance des fonds d’investissement.

De notre côté, nous agissons là où nous avons la main, avec une attention particulière de la Région à l’accès des femmes à ses propres dispositifs. On constate ainsi une féminisation certaines des entreprises soutenues qui passe aussi par la féminisation de nos jurys des aides économiques (TP’up, PM’up, Innov’up, PM’up JPI) qui comptent désormais 50% ou plus de femmes, garantissant une représentation équilibrée dans les processus de décision.

Même chose pour la gouvernance de nos fonds d’investissement : nous avons ainsi 50% ou plus de femmes au conseil d’administration du Fonds InvESS Île-de-France, au comité d’investissement et au conseil de surveillance du Fonds Île-de-France Réindustrialisation et un tiers de femmes au comité d’investissement du Fonds Île-de-France Décarbonation, dont la gérante est une femme.

Enfin, comme les inégalités sont toujours très présentes au sein des foyers, avec des conséquences directes sur la condition des femmes entrepreneures, la Région a mis en place des aides spécifiques, notamment pour faciliter l’accès à des solutions de garde d’enfants.

Vous le voyez, la Région est pleinement mobilisée pour accompagner les femmes entrepreneures à chaque étape de ce parcours exigeant. C’est d’abord un enjeu d’égalité, mais c’est aussi une priorité économique : lever les freins, c’est libérer des talents, accélérer l’innovation, renforcer la compétitivité et permettre à notre territoire de se transformer en n’écartant aucune énergie.


Crédit photo : Région Ile-de-France